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Pourquoi suis-je si fatigué alors que mon installation à l'étranger se passe bien ?

Hypnothérapeute à Paris, arrivée d'Indonésie il y a près de trente ans, je vous explique ce que votre corps fait en silence quand vous changez de pays.
7 septembre 2026 par
UMRY Ella


Le carton « cuisine » est enfin vide. Vous avez trouvé la boulangerie, le bon arrêt de bus, la façon de dire bonjour à la gardienne. Tout fonctionne. Et pourtant, à 21 h, vous êtes plus fatigué qu'après une journée entière de réunions dans votre ancien pays.

Si vous vivez entre deux pays, depuis trois mois ou depuis dix ans, et que cette fatigue ne ressemble à rien de connu, cet article est pour vous. À la fin, je vous raconterai le moment où, pour moi, quelque chose a basculé.

Un téléphone avec toutes les applications ouvertes

Vous connaissez ce téléphone qui chauffe dans la poche alors que vous ne l'utilisez pas ? En arrière-plan, une dizaine d'applications tournent. L'écran est noir, la batterie fond quand même.

Vivre dans un autre pays ressemble à ça. Chaque petite scène du quotidien demande un décodage. Le ton d'un e-mail de votre responsable : froid, ou simplement local ? La bise : une, deux, trois ? Ce « on verra » au téléphone : un oui, ou un non poli ? Dans votre pays d'origine, ces réponses arrivaient toutes seules. Ici, votre cerveau les calcule une par une, toute la journée.

Vous ne le voyez pas, parce que vous fonctionnez. Vous allez au travail, vous accompagnez les enfants, vous remplissez les formulaires. Mais votre système nerveux, lui, garde toutes les applications ouvertes.

Ce que l'anthropologie a observé dès 1960

L'anthropologue Kalervo Oberg a décrit le choc culturel en 1960 comme une adaptation en plusieurs phases : la lune de miel, la crise, la récupération, puis l'ajustement (Springer, Encyclopedia of Quality of Life and Well-Being Research).

Ce modèle a ses limites : on ne vit pas toutes les phases dans cet ordre, ni avec la même intensité. Il dit pourtant une chose utile. La crise arrive souvent après l'enthousiasme, une fois l'urgence passée, quand il n'y a plus de cartons pour vous occuper les mains.

C'est souvent là qu'on se dit : « Je n'ai aucune raison d'aller mal. » Vous avez choisi ce départ. Vous l'avez peut-être voulu très fort. Votre corps a quand même ses raisons d'être épuisé, même quand c'était la bonne décision. La tête décide vite ; le reste de vous arrive en décalé.

Ce qui se rejoue entre deux cultures

Vivre entre deux pays touche aussi des choses plus anciennes que le déménagement. Votre place dans la famille restée là-bas. La culpabilité de manquer un anniversaire, un mariage, un dernier au revoir. La langue dans laquelle vous vous mettez en colère, et celle dans laquelle vous consolez vos enfants.

Vous avez peut-être l'impression d'avoir deux versions de vous-même : une plus directe dans une langue, une plus prudente dans l'autre. Aucune n'est fausse. Elles ont simplement besoin d'apprendre à se parler.

Ce que l'on fait en séance

Au cabinet, on ne cherche pas à effacer un pays au profit de l'autre. On regarde d'abord où votre corps tient la tension : la mâchoire, le ventre, le sommeil. Puis on choisit ensemble l'approche qui vous convient.

L'hypnose ericksonienne permet d'aller chercher des ressources que vous avez déjà : la femme qui a su s'adapter une première fois sait le refaire. L'EMDR peut aider quand un moment précis de l'installation reste coincé, un premier jour de travail, une remarque blessante, une nuit seule dans un appartement encore vide. L'approche systémique regarde les liens : ce que votre départ a changé pour ceux qui sont restés, et pour vous.

Le but reste concret : dormir mieux, retrouver de l'énergie le soir, vous sentir chez vous dans votre propre journée.

Le moment où j'ai su que j'étais arrivée

Je suis venue d'Indonésie par amour, il y a près de trente ans. J'ai été bien accueillie. Il m'a quand même fallu apprendre la langue, les codes sociaux, la culture, une scène après l'autre. Une tournure me perturbait particulièrement : « ça ne ferait pas de mal ». Une phrase au négatif pour dire quelque chose de positif. À chaque fois, mon cerveau devait faire un détour pour la comprendre.

Et puis, une nuit, j'ai rêvé en français. Au réveil, j'ai compris que quelque chose en moi avait fini de traduire. Les applications s'étaient fermées, une par une, sans que je m'en rende compte.

Vous n'avez pas à attendre ce rêve seule. Si vous vivez entre deux pays et que la fatigue s'installe, venez me voir au cabinet, au Centre Via Sana à Paris 16e, parce que s'adapter vide aussi une batterie, et qu'elle se recharge mieux quand on n'est plus seul à la porter.


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